Alors que commence le procès concernant la Loi 21 à la Cour suprême du Canada, je voudrais attirer l'attention sur une entorse majeure

à la laïcité de l'État.

Comment qualifier autrement un accommodement religieux financé par l'argent public, qui heurte le sens moral le plus élémentaire, et qui finit par supplanter la loi commune? Voilà ce qu'il en est de l'abattage rituel, autant halal que casher. Il s'agit d'un accommodement religieux permettant de lever l'exigence d'insensibilisation de l'animal avant la saignée, tel que prévu par le Règlement sur la salubrité des aliments au Canada.

« Quand on connaît l'anatomie d'un bovin et qu'on imagine un couteau tranchant traverser toutes les couches de tissus - la peau, les muscles, les nerfs, la trachée, l'œsophage, ainsi que les deux carotides et les deux jugulaires - il devient difficile de ne pas penser à la souffrance de l'animal lors d'une incision horizontale du cou, comme dans l'abattage rituel sans insensibilisation » m'explique désespérée une docteure en médecine vétérinaire. C'est comme « se faire opérer au scalpel... sans anesthésie ». Or, voilà qu'à l'instar du gouvernement fédéral, la CAQ annonce à son tour une aide financière à une entreprise québécoise produisant de la viande halal. Comment un gouvernement se disant laïque peut-il financer des rituels religieux et encourager une pratique entrainant la cruauté animale? Des vétérinaires me disent qu'une grande partie de la viande issue d'un abattage rituel n'est pas étiquetée ainsi (pour différentes raisons incluant la simplification de la gestion de l'abattoir), si bien que le consommateur n'a pratiquement aucun moyen de savoir si la viande qu'il achète provient d'un tel abat-tage. Voilà une atteinte flagrante à sa liberté de conscience! Prière à nos dirigeants d'entendre les citoyens à ce sujet, à commencer par les 150 vétérinaires ayant signé cette lettre ouverte.

Vous pouvez accéder au numéro : volume 22, numéro 3 (mars 2026) de La Presse québécoise.