Alors que les détracteurs de la loi sur le renforcement de la laïcité scolaire n'ont eu de cesse de proclamer l'inutilité d'interdire le voile

intégral chez les élèves, faisant valoir l'absence de tels cas, on apprenait cette semaine qu'une vingtaine d'élèves le portaient, rien que dans les écoles du CSS de la Capitale.

Combien à Montréal? Combien à Laval?

Le premier choc est celui des chiffres. Le deuxième est la réaction des directions d'écoles dans le reportage de Radio-Canada relayant la nouvelle. Plutôt que de manifester leur soulagement d'avoir enfin la possibilité d'agir face à une telle pratique d'un islam radical, d'une misogynie extrême, rendant tout apprentissage impossible, voilà qu'on parle d'un «malaise» de demander aux élèves de se découvrir le visage. «C'est les parents qui leur disent : tu dois porter le voile. Et s'ils ne veulent pas l'enlever, que fait-on?» demande le président de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles. Voilà une question troublante! Depuis le temps que des bonnes âmes nous présentent le voile comme un libre choix des femmes, le Québec se retrouve-t-il démuni face à des parents imposant le voile intégral à leur fille? Imposer à une enfant un tissu noir la recouvrant tout entière, y compris le visage, même en pleine canicule, entravant ses mouvements, sa vision, et la coupant de tout contact humain, n'est-ce pas de la maltraitance?

Lorsqu'une élève déclare que ses parents l'obligent à porter cette prison ambulante, l'école ne devrait-elle pas faire appel à la DPJ? Mais celle-ci agira-t-elle pour mettre fin au contrôle étouffant de parents radicalisés?

Rien n'est moins sûr. Rappelons que le syndicat des personnes en protection de la jeunesse (l'APTS) a dénoncé vigoureusement l'interdiction des signes religieux au personnel de la DPJ instaurée par le PL-9. Tant que des commissions scolaires, des syndicats, des responsables en protection de la jeunesse ou dans le système médical, s évertueront à défendre l'indéfendable, les initiatives gouvernementales en faveur de la laïcité et du droit des femmes à l'égalité demeureront vaines.

Vous pouvez accéder au numéro : volume 22, numéro 04. avrò; 2025 de La Presse québécoise.